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Missionnaires de Marie
XAVERIENNES

Rosée Ardente

Simonetta Caboni
121
24 Mai 2026

Fête de Pentecôte

Réflexion spirituelle

Il existe un au-delà vers lequel la Parole d’aujourd’hui, la Solennité de la Pentecôte, nous pousse et où chaque mot semble insuffisant. Le protagoniste qui scelle les cinquante jours du mémorial de Pâques est l’Esprit : le souffle mystérieux dont la présence de la Liturgie nous permet d’intuir, de goûter la force et la douceur, de contempler la lumière et la chaleur. Nous pouvons entrer dans le mystère de ce jour en méditant sur quelques paroles du kanon pour la Pentecôte attribuées à Jean Damasscène afin de présenter l’événement raconté dans Actes 2, et chanté par l’Église, à travers les siècles, pour célébrer la solennité d’aujourd’hui.

Ode I

[…] La bouche pure et vénérable a dit qu’il n’y aurait pas d’absence pour vous, les amis / car du Père je répandrai la grâce abondante de l’Esprit pour ceux qui désirent briller. / Ayant dépassé la limite, la Parole absolument sincère rend le cœur serein. Car le Christ, ayant accompli l’œuvre, se réjouit de ses amis en donnant l’Esprit avec un souffle violent et des langues de feu, comme il l’avait promis.

Ode V

Vous avez reçu la rosée ardente de l’Esprit, enfants de l’Église rendue lumineuse / car une loi sortit de Sion,/ la grâce de l’Esprit sous la forme de langues de feu.

La communauté convoquée à la prière revit l’événement raconté dans Actes 2 et célèbre, en chant, avec la conscience que l’Église de la Pentecôte est la continuation de l’histoire d’Israël. C’est l’expérience de ceux qui sont portés par la vie donnée par l’Esprit et deviennent, à leur tour, ses porteurs, manifestant l’œuvre de Dieu au travers des événements de l’histoire, du monde.

Le Jésus ressuscité accomplit sa mission jusqu’au bout et monta au ciel en se retirant du monde, mais en donnant sa présence par l’Esprit. « Ayant franchi la limite, la Parole rend le cœur serein. Car le Christ, ayant accompli l’œuvre, se réjouit de ses amis en donnant l’Esprit d’un souffle violent et de langues de feu comme il l’avait promis » (ode I, 3)

Les apôtres et disciples réunis dans la Chambre Haute avec Marie ne sont pas orphelins, ils ne peuvent pas se sentir seuls parce qu’ils reçoivent le Paraclète. Ce que le Maître bien-aimé avait dit et fait parmi eux devient désormais plus clair et l’Église commence, une nouvelle vie ferme dans la certitude d’appartenir à Dieu, en Christ.

Chaque mot semble insuffisant lorsque nous essayons de parler de l’Esprit, le souffle d’amour pour l’humanité qui vient s’éveiller à la vie et à l’émerveillement, et qui nous permet d’aimer.

Aujourd’hui, le temps après la Pentecôte commence : le Saint-Esprit est toujours présent et nous vivons en lui. Tu nous commandes dans la pièce haute, où nous recevons de nouveaux yeux qui voient au-delà. La vie est toujours plus grande que nos schémas mentaux et aussi que l’expérience que nous en avons eue jusqu’à présent. Si notre regard ne perce pas la surface et devient paresseux et obtus au seuil des choses, il reste pauvre et ennuyé, risquant de perdre de vue le banquet qui nous invite, nous tous.

Ode IX

Salut Dame, gloire de la maternité virginale. En fait, chaque bouche est bavarde et féconde / Bien qu’éloquent, il ne parvient pas à vous chanter dignement. / Mais chaque esprit est saisi par le vertige pour comprendre sa naissance. /C’est pourquoi, en chœur, nous vous glorifions. / Marie, / Temple du Saint-Esprit, remplis-nous d’émerveillement /donne-nous un cœur pur et des yeux pour choisir la Vie.