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Missionnaires de Marie
XAVERIENNES

Il vit et il crut : une espérance pour le Mexique

P. José Luis Vega López sx
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7 Avril 2026

À l’aube du premier jour de la semaine, alors que l’obscurité semblait encore avoir le dernier mot, l’Évangile selon saint Jean (20:1-9) nous présente l’événement décisif de l’histoire : le tombeau est vide. Marie-Madeleine court, Pierre entre, le disciple bien-aimé contemple... et croit. Ce récit bref mais dense ne se contente pas de raconter le début de la foi pascalaire, mais retrace le chemin de toute expérience chrétienne authentique : chercher dans la nuit, persévérer dans l’incertitude et, enfin, s’ouvrir à la lumière de la foi.
La Pâque du Seigneur n’est ni un souvenir dévot ni une métaphore spirituelle ; c’est l’irruption d’une nouvelle vie au cœur d’une histoire blessée. En ce sens, le message de Pâques résonne aujourd’hui avec une force particulière dans la réalité du Mexique, marquée par de profondes ombres : une violence qui déchire des communautés entières, des inégalités qui crient au ciel, des familles fragmentées, des jeunes qui cherchent un sens au milieu de la confusion. Comme Marie-Madeleine, notre peuple marche aussi souvent « tant qu’il fait encore nuit ».
Cependant, la grandeur de la foi chrétienne réside dans le fait de ne pas absolur l’obscurité. Le tombeau vide annonce que la mort n’a pas le dernier mot. La pierre a été retirée. Dieu a agi. Et cette certitude ne peut rester enfermée dans la sphère de l’intime ou du dévotionnel ; elle exige d’être proclamée, incarnée et vécue avec un zèle missionnaire renouvelé.
Le dynamisme de l’Évangile est clair : courir, entrer, voir et croire. Tout d’abord, à courir : l’Église est appelée à ne pas rester figée face aux défis actuels. Ce n’est pas un moment de retrait ou de nostalgie, mais d’une sortie décisive vers les périphéries existentielles, où la douleur humaine demande consolation et espoir. Deuxièmement, entrer : il ne suffit pas d’observer la réalité de l’extérieur ; Il est nécessaire de s’impliquer, de toucher les blessures, de partager la vie de ceux qui sont le plus dans le besoin. Ce n’est que de cette manière que la proclamation chrétienne acquiert de la crédibilité. Troisièmement, voir : apprendre à discerner les signes de la vie que, même au milieu de la mort, Dieu continue de semer dans l’histoire. Et enfin, croire : faire le saut de foi qui transforme le regard et fait du disciple un témoin.
Le disciple bien-aimé « vit et crut » sans avoir encore vu le Ressuscité. Ce détail est profondément significatif pour notre époque, marqué par le scepticisme. La foi pascale n’est pas imposée par des preuves, mais naît d’un cœur qui aime et se laisse éclairer par la Parole. D’où l’urgence de former des communautés chrétiennes solides, enracinées dans les Écritures sacrées, nourries par les sacrements et engagées dans la transformation de la société.
Le Mexique a besoin de témoins de la Résurrection. Des hommes et des femmes capables de proclamer, de leur vie, que le Christ vit : dans le pardon qui reconstruit les familles, dans la solidarité qui rend la dignité aux pauvres, dans l’espoir qui soutient ceux qui souffrent. Pâques nous rappelle que chaque geste d’amour, chaque acte de justice, chaque parole de vérité partage déjà la victoire du Christ sur le péché et la mort.
Même aujourd’hui, comme aux débuts, nous ne comprenons pas tout. La foi est un cheminement, une lumière qui s’ouvre progressivement. C’est précisément pour cette raison que nous sommes appelés à marcher ensemble, en tant qu’Église, en nous soutenant mutuellement et en nous laissant guider par l’Esprit du Ressuscité.
À cette heure décisive pour notre nation, Pâques est présentée non seulement comme une célébration liturgique, mais comme un programme de vie et de mission. Le tombeau vide nous envoie. La vie a gagné. Et le monde, y compris notre Mexique, attend des témoins crédibles de cette vérité.
Car, en fin de compte, croire en la Résurrection signifie s’engager à vivre en tant que ressuscités.