Accéder au contenu principal

Missionnaires de Marie
XAVERIENNES

La mission au cœur de l’Église

40
9 Octobre 2026

Le fait que l’Église existe pour le monde ressort clairement des paroles de Jésus et des événements rapportés par les auteurs du Nouveau Testament. À quoi servent, en effet, la lampe ou le sel, auxquels les disciples sont comparés ? Dès le début, Jésus dit à ceux qu’il appelle : « Vous serez des pêcheurs d’hommes » (cfr. Lc 5,10). Et, précise Marc, il institua les Douze « pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3,14).

Si nous avons parfois réduit la suite du Christ à la recherche d’une sainteté personnelle coupée du monde, c’est peut-être que nous n’avons pas vraiment compris ce que signifie être disciple, et donc, indissociablement, missionnaire, comme le Concile et les Papes de ces dernières années n’ont cessé de le rappeler.

Toutefois, dans un monde où le respect des convictions de chacun est devenu primordial, la mission suscite souvent de la méfiance. On imagine que celui qui se consacre à l’annonce de l’Évangile cherche à faire du prosélytisme, en concurrence avec d’autres groupes religieux agissant de même, voire en profitant de la vulnérabilité des personnes et des peuples rencontrés. Nous-mêmes, missionnaires, nous sommes donné pendant des siècles pour objectif d’accroître le nombre de chrétiens, en comptabilisant les baptêmes et en nous préoccupant du « salut des âmes ».

Aujourd'hui, le missionnaire est interpellé par les guerres, dont les peuples les plus pauvres sont souvent les victimes, par un climat culturel marqué par une confrontation armée croissante, par la solitude des personnes âgées et des jeunes, par la méconnaissance de la dignité des femmes, par la maltraitance des enfants et par la dévastation de la Création.

Le missionnaire est interpellé par cet événement extraordinaire que fut, il y a deux mille ans, la vie sur terre d'un homme unique, Jésus ; par la foi en lui comme Fils du Père, son envoyé, qui nous a aimés jusqu'à donner sa vie pour nous, dans la fidélité au Père, et qui, ressuscité, fait en sorte que nous soyons habités par ce même amour.

Cela nous pousse à nous confronter à nouveau à la manière d'agir de Jésus : il n'avait pas une religion à promouvoir, mais des personnes à rencontrer et à aimer dans leur globalité (« guérissant toute maladie et toute langueur », Mt 9,35), annonçant par ses actes et ses paroles l'amour du Père et les horizons nouveaux du Royaume.

La compassion qui saisissait Jésus jusqu'aux entrailles s'adressait à tout un monde « en surnombre » : c'est à eux qu'il a annoncé qu'ils étaient les premiers citoyens du Royaume, tout en cherchant à ramener les puissants à la justice et à l'amour de la vérité. Comme submergé par cette compassion, il a suscité les apôtres : « Il en eut pitié… il appela ses douze disciples » (Mt 9,36 et suiv.).

Être disciples-missionnaires ne consiste donc pas à faire des adeptes : c'est se concevoir, en vertu du baptême, comme des existences « pour » les autres, en faisant place dans son cœur et sa vie à l'autre, qu'il s'agisse d'une personne, d'un peuple ou du monde, mus par la « compassion ». Pour vivre cela, il y a toujours quelque chose à laisser : son temps, ses biens, son confort, voire sa propre vie.

Accueillir, écouter, devenir compagnons et compagnes de route sans forcer la marche, mais en offrant les réponses que nous avons nous-mêmes trouvées, pour une vie pleinement accomplie. Un amour spécial, gratuit, constant, plus fort que tout obstacle, semblable à celui que nous recevons nous-mêmes de Dieu. « Pour donner beaucoup aux autres – écrivait Pauline Jaricot –, il faut puiser dans son propre cœur ; et pour alimenter son propre cœur, il faut puiser dans celui de Dieu. »

C’est pourquoi la prière du chrétien-apôtre est fondamentale. Il y a tout juste deux siècles, Pauline a imaginé le « Rosaire vivant » : des groupes de quinze personnes (vingt aujourd’hui) priaient chaque jour un mystère du rosaire, selon la répartition effectuée par le coordinateur du groupe.

Pour nous rappeler que nous appartenons à une famille vaste comme le monde et que nous coopérons par la prière et l’action, la Journée Mondiale des Missions a été instituée il y a cent ans par Pie XI, sur proposition de l’Œuvre de la Propagation de la Foi fondée par Pauline Jaricot et à la suggestion du Cercle missionnaire du Séminaire du Sassari.

Le thème du message du Pape pour cette année est « Un dans le Christ, unis dans la mission » ; c’est une invitation à fonder notre charité sur la communion avec le Christ et avec la Trinité, « au service de la fraternité entre tous les êtres humains et de l’harmonie avec toutes les créatures ». Chacun peut commencer ou repartir dès maintenant, là où il vit.

Teresina Caffi

Teresina Caffi, nata a Pradalunga (Bergamo) nel 1950, è entrata fra le Missionarie di Maria, Saveriane, nel 1971 e ha fatto la sua prima professione nel 1974. Nel 1982 è partita per il Burundi. Da lì, nel 1984 è passata nell'allora Zaire (oggi Repubblica Democratica del Congo). Licenziata in Teologia biblica, ha lavorato nell'ambito dell'animazione parrocchiale e dell'insegnamento biblico. In questi anni vive sei mesi l'anno in una nostra comunità del Camerun e sei mesi in Italia