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Missionnaires de Marie
XAVERIENNES

Femmes envoyées par l’Évangile : courage, foi et mission

Padre Kristofia
243
7 Mars 2026

Le 8 mars, nous célébrerons la Journée internationale de la femme. Née au début du XXᵉ siècle comme réponse aux revendications pour les droits des femmes, en particulier le droit de vote et de meilleures conditions de travail, cette journée s’est progressivement élargie aux revendications d’émancipation et d’égalité entre les genres.

Il pourrait sembler que l’émancipation des femmes ait commencé avec ces événements. Mais non ! Il n’a pas fallu le décret d’une journée particulière pour que les femmes commencent à s’engager de manière créative et déterminée, non seulement dans la société, mais surtout avec courage, foi, audace et espérance au service de l’Évangile de Jésus.

Dès les premiers moments de la mission de Jésus, la contribution des femmes fut fondamentale pour la diffusion de l’Évangile. Et encore davantage durant la période apostolique, comme on peut le lire dans les témoignages de Paul de Tarse (Ac 18,2-3 ; Rm 16,7 ; Ph 4,2-3), où de nombreuses femmes se sont engagées sans compromis au service de l’Évangile de différentes manières.

Qu’ont-elles compris de l’Évangile ?
Que représentait l’Évangile pour elles ?
Et pourquoi s’y sont-elles consacrées corps et âme ?

Après avoir rappelé un épisode de la vie publique de Jésus qui illustre la raison et le courage d’évangéliser, ces questions accompagneront notre réflexion à travers quelques figures féminines.

Après un long temps consacré par Jésus à instruire ses disciples sur la nécessité d’une vie orientée vers Dieu et donnée pour les frères, un épisode attire notre attention :

« À ce moment-là, quelques pharisiens s’approchèrent de lui et lui dirent :
“Pars et va-t’en d’ici, car Hérode veut te tuer.”
Il leur répondit : “Allez dire à ce renard : voici, je chasse les démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain ; et le troisième jour j’aurai achevé ma mission.” » (Lc 13,31-32)

Probablement les pharisiens cherchaient-ils un prétexte pour éloigner Jésus de leur territoire. Cependant, ce passage ouvre la porte à une série de reproches concernant la stérilité de leur cœur, suivis d’une invitation à choisir le bon chemin.

Pour notre réflexion, la réponse de Jésus révèle deux éléments importants.

Tout d’abord, la raison évidente de sa présence est de chasser les démons et de réaliser des guérisons. Mais ces actions traduisent une réalité plus profonde : un telos, un but, qui montre que Jésus est présent non pour lui-même mais pour porter le message de libération — l’Évangile — à ceux qui vivent dans la captivité.

Ensuite, Jésus ne craint pas pour lui-même ni pour sa vie ; il manifeste un courage serein et appelle à la responsabilité ses auditeurs — les pharisiens et tous ceux qui voient ses œuvres mais ne parviennent pas à accueillir son message. Ainsi se révèle-t-il comme l’Envoyé chargé d’accomplir la mission pour laquelle il a été envoyé.

L’évangélisation est précisément cette « folie » qui a poussé des hommes et des femmes qui, malgré leurs fragilités et leurs limites, se sont sentis envoyés à franchir territoires et frontières afin que le message du salut soit annoncé.

Dans cette réflexion, nous nous arrêterons sur quelques figures féminines qui, habitées par le même courage que Jésus, se sont senties envoyées pour engager leur vie et leur féminité au service de l’annonce de l’Évangile dans différents contextes et situations de l’existence humaine.

La première figure féminine qui nous semble particulièrement significative pour accompagner cette réflexion est la Samaritaine (cf. Jn 4,1-42). Cette femme, injustement appelée pécheresse, portait sur elle le lourd poids de l’infidélité de son peuple due à l’idolâtrie (2 R 17,29-31). Pourtant, la rencontre avec Jésus à l’heure la plus chaude du jour, près du puits, dans un dialogue intime comme entre l’époux et l’épouse, transformera sa vie et fera d’elle une disciple et une missionnaire, après Marie, la Mère de Jésus.

La mission de la Samaritaine auprès de son peuple demeure déterminante et devient un modèle pour la mission apostolique (cf. Ac 1,8), pour les premières évangélisations après le martyre d’Étienne (cf. Ac 8,1-6) et aussi pour la mission paulinienne.

Dans les premiers siècles du christianisme, même dans les territoires païens, l’Évangile de Jésus eut un impact considérable sur de nombreuses femmes qui tombèrent amoureuses du Christ. Ces femmes transformèrent leurs milieux par leur manière de vivre ; elles portèrent la foi chrétienne au-delà de leurs sociétés et servirent le Royaume de Dieu par leur charité.

L’une de ces figures fut Paula (IVᵉ siècle), une noble romaine qui soutint saint Jérôme dans la traduction de la Bible en latin (la Vulgate). Mais sa mission ne s’arrêta pas là : Paula fut zélée pour la diffusion de l’Évangile aussi bien parmi les pauvres que parmi les nobles. Par amour pour le Christ, elle choisit une vie chrétienne audacieuse et sans compromis.

Aujourd’hui encore, nombreuses sont les femmes de notre temps qui choisissent ce chemin sublime d’émancipation pour porter Jésus jusqu’aux extrémités de la terre. Pour ces femmes engagées, la féminité n’est pas un obstacle mais un don à partager, une sensibilité qui permet de percevoir les détails de l’amour de Dieu dans une tendresse maternelle qui échappe parfois à la compréhension commune de l’univers masculin.

Même si le message évangélique est unique, sa transmission prend des formes diverses. Les femmes transformées par la beauté du message de salut de Jésus partent investies de la mission du Christ pour transmettre aux autres la joie de l’ère messianique et de la nouvelle alliance.

Comme Marie aux noces de Cana, qui conduit les serviteurs vers Jésus, les femmes évangélisatrices conduisent elles aussi enfants, hommes et femmes vers Lui par le témoignage de leur vie et le rayonnement de leur féminité.

Les femmes au service de l’Évangile voient leur féminité transformée lorsqu’elles la mettent à la disposition de Dieu. De celle-ci jaillit une fécondité spirituelle semblable à celle de Marie au pied de la Croix (Jn 19,25-27).

La féminité, en outre, n’a jamais été pour les femmes évangélisatrices un motif d’éviter les fatigues apostoliques. Au contraire, elles assument pleinement les épreuves de Marie au pied de la Croix de Jésus, pour une fécondité qui naît aussi — et surtout — dans les moments de grande souffrance.

Le courage des femmes qui évangélisent montre que la véritable émancipation dépasse toute revendication simplement liée au genre. La véritable liberté consiste à s’engager pour le bien le plus grand que Jésus nous a révélé par son Évangile.